Résultats de la recherche - Malègue, Joseph, 1876-1940
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Joseph Malègue
Joseph Malègue est un écrivain français, né à La Tour-d'Auvergne (Puy-de-Dôme) le et mort à Nantes (Loire-Inférieure) le .Aîné de cinq enfants, renfermé et solitaire, il a une enfance heureuse marquée par la foi et l'amour de sa mère. D'abord médiocre, il termine brillamment ses humanités. Puis de nouveaux échecs dus à la maladie l'empêchent de réaliser ses ambitions intellectuelles.
Sa famille appartient à la petite bourgeoisie rurale liée aux notables catholiques en déclin, évincés par une classe en ascension depuis la proclamation de la République en 1870. Cette première crise du catholicisme, aggravée par la loi de séparation des Églises et de l'État de 1905, l'affecte lui et les siens. Elle précède de peu la crise moderniste de 1907. Une critique radicale s'appuyant sur des méthodes scientifiques modernes, met en cause l'interprétation traditionnelle des Évangiles et conduit certains à douter de la divinité de Jésus. Les effets de cette crise se prolongent aujourd'hui. Elle ronge, chez Malègue, jusqu'à ses raisons de vivre.
Pour Hervé Serry, elle contraint l'Église à faire taire un clergé tenté par cette critique, ouvrant ainsi un espace dans le champ intellectuel religieux pour les écrivains de la Renaissance littéraire catholique. L'Église compte, pour s'imposer à nouveau dans le domaine des idées, sur ces laïcs plus sûrs qu'un clergé formé aux savoirs liés à l'exercice de son autorité doctrinale, disposant des armes intellectuelles pour la subvertir.
Quinze années d'études mettent Malègue au contact des intelligences et acteurs (de tous bords) de ces bouleversements pénibles aux catholiques. Il acquiert malgré l'échec à l'École normale, une immense culture philosophique, théologique, sociologique, géographique, littéraire, économique, juridique. Devenant à même d'assumer ce que la renaissance catholique appréhende mal, intellectuellement (le modernisme) ou sociologiquement (le déclin des notables catholiques). Échecs, maladies, Première Guerre mondiale, sentiment d'avoir , ne l'empêchent pas de travailler à un long roman (1912-1933).
Le , à Nantes, à , il épouse Yvonne Pouzin, première femme praticien hospitalier en France, alors âgée de . Elle joue un rôle décisif dans la carrière de son mari, l'aidant moralement à compléter puis à publier le manuscrit d''Augustin ou Le Maître est là''. Il paraît en 1933 (réédité au Cerf en 2014). Ce parfait inconnu devient à 57 ans, .}}. Cinq décennies plus tard, Émile Goichot le considère toujours comme }}. Malègue y souligne l'importance de l'intelligence dans la foi, face à la crise du catholicisme qui le frappe en plein cœur. Ce roman , de la mort de Dieu (Lebrec), est un roman d'amour : beauté des femmes, splendeur des paysages, humour des situations, sons, couleurs, odeurs. Jaillie du concret l'œuvre marque jusqu'au des personnalités comme André Manaranche ou le pape François.
Le deuxième roman, ''Pierres noires : Les Classes moyennes du Salut'', traite du déclin des élites catholiques, laïcisation, déchristianisation. L'écriture s'y enrichit d'une abondance de figures de style. Elles chantent la beauté des femmes encore, dissèquent divisions sociales implacables, fortunes détruites, mariages ratés, suicides accompagnant ''La Fin des notables'' catholiques. Pour Léon Émery, les deux romans sont chevillés l'un à l'autre. Certains (Benoît Neiss, Claude Barthe), pensent que, bien qu'inachevé, il est supérieur au premier donnant ainsi à Malègue une importance qu'il n'aurait pas sans lui. Cette lecture de la déchristianisation, nourrie discrètement de la sociologie d'Émile Durkheim renoue au fil du récit romanesque avec les intuitions fondatrices de la pensée de Bergson sur la religion et la morale.
Malègue avait pensé ''Pierres noires'' comme une trilogie et espéré publier les trois tomes en même temps. Un cancer incurable est diagnostiqué chez lui en . Il tente de rendre le premier tome publiable et de regrouper les idées des deux tomes suivants. Jean Lebrec ajoute que La trilogie inachevée paraît à titre posthume en 1958, (rééditée 2018 (Ad solem).
Mystique, amoureux de l'intelligence (y compris dans ses essais et nouvelles), Malègue recherche des formules audacieuses, comme ou de nouveaux concepts, comme classes moyennes du Salut, sous-titre du roman inachevé. Celui-ci, selon certains critiques, parachève toute son œuvre, lui donne tant son sens que sa véritable importance. Elle est l'objet d'un regain d'intérêt. Tant en France : organisation d'un colloque international à son sujet en 2021, réédition des deux romans, de Pénombres (L'homme nouveau), trois ouvrages centrés ''Joseph Malègue. À la redécouverte d'une œuvre ''Cerf, Paris 2023). Qu'à l'étranger : colloques en Pologne, traduction d'''Augustin'' en polonais et espagnol), relecture de ''Pénombres'' au Chili. Dans ''Joseph Malègue, entre réalisme intégral et impressionnisme. Les multiples éclats d'une œuvre oubliée'' (Honoré Champion, 2025) Zofia Litwinowicz-Krutnik souligne l'importante réception internationale de l'écrivain dès 1933 mais aussi le confinement de critique et public sur l'aspect religieux de l'œuvre au détriment de son art et de son génie qu'elle juge exceptionnels. Informations fournies par Wikipedia